Le vu et le su

Le phénomène qu’on a malencontreusement appelé « mélange optique » des couleurs, connu depuis longtemps, est en fait un mélange visuel des couleurs. C’est-à-dire qu’il n’est pas un simple mécanisme physique et qu’il faut l’envisager comme une perception globalement spirituelle.

Les impressionnistes ont profité de cet état de fait dans le contexte de la touche séparée et lorsqu’un peintre voulait une robe violette, il la peignait à l’aide de touches rouges et bleues. Mais c’était bien une robe violette que l’on voyait et non un « mélange optique » de couleurs. Ce qui était vu était une résultante et non un savoir.

 

Or, cette résultante n'est pas maîtrisable dans les cas non pathologiques. La science en explique le comment dans tous ses paramètres mais elle ne peut nous révéler le pourquoi, du moins jusqu'à présent.

Ces phénomènes de l'esprit, qui sont les assises de la vie esthétique, n'ont pas de contenu religieux à priori. C'est au contraire le signe que les religions n'ont pas le monopole de la spiritualité et que la vie de l'esprit dans toutes ses formes est commune à tous les hommes qui n'en ont pas été privé.

David Lipszyc, 16 janvier 2011