La couleur est avant tout un élément stratégique vital pour certaines espèces chez qui la lumière solaire a provoqué le développement d’un système visuel permettant de distinguer les matières pigmentaires de leur environnement.

Ainsi, les ocelles de certains papillons vont jusqu’à imiter une paire d’yeux destiné à effrayer ou à attirer selon les destinataires, tandis que les phasmes et les caméléons, par exemple, ont adopté la stratégie plus sophistiquée de l’abolition de leur couleur, s’il en ont une…On serait tenté de croire à une « intention » hormonale devant l’adaptation d’autres espèces dont le pelage change de couleur selon la saison de leur environnement.

L’éthologie a montré à outrance le rôle des couleurs dans les parades sexuelles.

Le blanc et le noir sont également des valeurs chromatiques, avec la variété infinie de leur mélange. Ils s’adressent à des espèces qui sont plus réactives au mouvement.

 

La couleur déclenche donc, outre sa capacité sélective, des réactions offensives et défensives, s’introduisant ainsi violemment dans l’univers des émotions. En ce qui concerne le règne animal, l’alternative est très généralement la fuite ou l’affrontement.

Mais la nature est si complexe que dans certains cas limites, l’animal opte pour une attitude moyenne: il « fait le mort », ce qui indique l’importance du visuel car il s’agit alors d’un visible élaboré.

Je cite dans mon article d’exposition à Aix-en Provence publié en 1982 le cas de la musaraigne qui s’interdit une alternative émotionnelle.

Mais le regard est une toute autre histoire.

David Lipszyc

24 février 2011